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Natixis, nouvel acteur de la banque d'investissement

LE MONDE | 17.11.06 | 13h26  •  Mis à jour le 17.11.06 | 13h41

 

Depuis vendredi 17 novembre, la France compte une nouvelle banque : Natixis, détenue à exacte parité par les Caisses d'épargne (34 %) et les Banques populaires (34 %), centrée sur les activités de financement et d'investissement, et bientôt cotée en Bourse.
La création de ce nouvel établissement de 23 000 salariés, moins d'un an après le début des discussions entre les patrons des deux groupes coopératifs - Charles Milhaud pour l'Ecureuil, Philippe Dupont pour les Banques populaires -, marque une nouvelle étape-clé de la recomposition du secteur bancaire.

En effet, même si les Banques populaires et l'Ecureuil gardent leurs réseaux de banque de détail indépendants, leur avenir va s'écrire en commun. Désormais, il n'y aura plus sept grandes banques françaises se faisant concurrence, mais six : trois sont coopératives tout en ayant, mondialisation oblige, une partie de leurs activités en Bourse (outre le tandem Caisses d'épargne/Banques populaires, le Crédit agricole/LCL et le Crédit Mutuel/CIC), deux sont de pures capitalistes (BNP Paribas et la Société générale), une seule est publique (la Banque Postale).
A ce titre, Natixis constitue sans doute l'un des derniers mariages d'envergure entre banques en France. Ces derniers mois, la perspective de voir s'échapper, avec les Banques populaires, l'une des dernières grandes opportunités de rapprochement - la banque franco-belge Dexia en constituant une autre, aux yeux des banquiers d'affaires, à la manoeuvre dans la recomposition de l'industrie -, avait concentré les convoitises sur le groupe de M. Dupont.
Au début de l'année, selon nos informations, M. Dupont - qui dirigera Natixis en tandem avec l'ancien homme fort du Crédit lyonnais, Dominique Ferrero - avait ainsi été approché par la Société générale, qui, sans formuler d'offre formelle, avait évoqué avec lui l'idée d'un mariage. BNP Paribas avait aussi regardé le dossier.
De son côté, avant de convoler avec l'Ecureuil, M. Dupont lui-même avait exploré d'autres pistes. Il avait étudié, en janvier, avec Axel Miller, le successeur de Pierre Richard à la tête de Dexia, l'opportunité d'un rapprochement. Mais le refus du patron des Banques populaires d'ouvrir son réseau d'agences avait rapidement mis un terme à la discussion. A présent que se crée Natixis, ses dirigeants confient, en privé, que "la question d'un rapprochement avec Dexia pourra se reposer un jour".

CLIENTÈLE.
Selon des données avalisées par l'Autorité des marchés financiers (AMF), la totalité des grandes entreprises de l'indice CAC 40 sont clientes de Natixis. C'est le cas pour 80 % des sociétés de l'indice SBF 250.
CLASSEMENT.
Natixis est la première banque française dans la gestion d'actifs (534 milliards d'euros) - et le numéro cinq européen - et l'épargne salariale (2,8 millions de comptes de salariés).
Elle se classe au 3e rang mondial sur l'assurance crédit, dans les 10 premières sur les financements structurés, notamment pour l'aéronautique, et dans les quinze principales sur les transactions sur les matières premières.

POSITIONS PRÉPONDÉRANTES
Pour affronter la concurrence, Natixis, qui résulte, en fait, de la fusion entre les activités de "banque de gros" de l'Ecureuil (l'ex-Ixis) et des Banques populaires (l'ex-Natexis), n'est pas dépourvue d'atouts. Certes, avec sa quatrième place en France, derrière BNP Paribas, la Société générale et Calyon (groupe Crédit agricole), la nouvelle banque d'investissement (6 milliards d'euros de chiffre d'affaires) ne pourra prétendre concurrencer d'emblée, sur des métiers emblématiques comme les activités de marchés ou la banque d'affaires, les grands noms européens, ou a fortiori américains, du secteur : ABN Amro, la Deutsche Bank, Goldman Sachs, Citigroup, etc.
Mais au moins pourra-t-elle faire valoir ses positions prépondérantes sur des segments lucratifs du marché : la gestion d'actifs, où elle se classe numéro un des banques françaises, selon des données avalisées par l'Autorité des marchés financiers (AMF), et l'épargne salariale. Ses 2,8 millions de comptes de salariés lui confèrent une place de choix sur un marché d'avenir : le financement des retraites complémentaires.
En outre, Natixis détient de solides positions dans des métiers spécifiques comme l'assurance crédit (3e mondiale), les financements structurés et les transactions sur les matières premières, deux activités dans lesquelles elle figure parmi les quinze premiers mondiaux.
Un grand concurrent résume ainsi l'arrivée de la banque sur le marché : "Natixis ne nous menacera pas sur les grands métiers à l'international, mais sera certainement forte sur les entreprises françaises... C'est un concurrent à prendre au sérieux !" Un autre compétiteur explique que, dans ce "métier de matière grise" qu'est la banque d'investissement, l'un des enjeux pour Natixis sera de réussir à recruter des banquiers de qualité, "un personnel très convoité", dans les pays étrangers où elle voudra s'implanter.
Importante aux yeux des spécialistes du secteur bancaire, la création de Natixis l'est aussi pour les investisseurs. La mise sur le marché d'un tiers de son capital va donner lieu à la plus grosse vente d'actions cotées à Paris, depuis l'introduction en Bourse d'EDF, fin 2005 : 5 milliards d'euros d'actions seront vendus aux particuliers et institutionnels intéressés d'ici au 6 décembre.
C'est au terme de ce placement que sera connue la valeur boursière de Natixis. Celle-ci devrait avoisiner 25 milliards d'euros, ce qui fera de Natixis la quatrième banque française du CAC 40, au coude à coude avec... Dexia.

 

 


   

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