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PHILIPPE DUPONT - LE FUTUR PRÉSIDENT DU DIRECTOIRE DE NATIXIS

« Nos deux groupes prennent un ticket aller sans retour »
[ 18/10/06 ]

Au lendemain de la présentation aux analystes et aux gérants du projet de rapprochement des activités de banque de gros de l'Ecureuil et des Banques Populaires au sein d'un holding commun baptisé « Natixis », Philippe Dupont, le PDG du Groupe Banque Populaire, qui assurera pour six ans la présidence du directoire de Natixis, détaille la stratégie et la gouvernance du nouvel ensemble.

En quoi la transformation de Natexis Banques Populaires en Natixis change-t-elle la donne ?

Avec cette opération amicale et structurante pour l'avenir, nos deux groupes prennent un ticket aller sans retour. Il nous revient désormais d'écrire une nouvelle histoire. Cette banque va immédiatement figurer parmi les 15 premières capitalisations de la Bourse de Paris. Elle sera en outre l'une des 15 premières banques de la zone euro en fonds propres. Si l'on inclut les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires, le nouveau groupe sera numéro deux de la zone euro par la taille de ses fonds propres « durs » (Tier-1).

Quels objectifs de croissance vous fixez-vous ?

Les travaux menés en commun depuis le 6 juin sur chacun de nos métiers nous ont permis de définir un plan ambitieux et réaliste pour la période 2005-2010. En nous concentrant sur nos seules forces, c'est-à-dire sans croissance externe, nous prévoyons de faire croître nos revenus de 10 % par an en moyenne. Ce qui correspond en fait à la performance de Natexis Banques Populaires entre 2000 et 2005. Nous voulons aussi ramener notre coefficient d'exploitation de 68 % à 60 % sur la période et assurer, en moyenne, une croissance annuelle de notre résultat net de 13 % environ. Quant à la rentabilité des fonds propres, nous comptons la porter a près de 16 % à l'horizon 2010.

Avez-vous mesuré les synergies attendues du rapprochement entre Natexis et Ixis ?

Oui, elles s'élèveront au total à 522 millions d'euros à fin 2010. Les synergies de coût représenteront 224 millions d'euros. Il s'agit principalement d'économies d'échelle sur certains métiers, comme la conservation de titres, la monétique ou la gestion d'actifs, et de réductions de charges sur les fonctions support. Comme prévu, les zones de recouvrement entre les deux maisons sont marginales. Quant aux synergies de revenus, elles atteindront 298 millions d'euros et proviendront pour l'essentiel de l'élargissement de notre offre en banque de financement et d'investissement (BFI) à des produits à forte valeur ajoutée liés aux marchés de capitaux, aux financements structurés ou encore aux dérivés actions. Afin d'accélérer les ventes croisées, nous comptons renforcer la fonction « coverage », qui sera directement rattachée à la présidence et à la direction générale.

Natixis sera intéressé aux résultats des deux réseaux. Qu'en attendez-vous ?

C'est pour nous l'un des éléments clefs de la réussite de l'opération. Au total, 38 % du résultat net pro forma en 2005 est directement ou indirectement adossé aux réseaux, soit autant que la BFI. Cette configuration nous permettra d'assurer la régularité de nos profits tout en nous permettant de développer nos autres métiers. En gestion d'actifs, par exemple, où nous nous plaçons déjà au cinquième rang européen par les actifs gérés, nous disposons encore d'une marge de progression importante en particulier dans le volet « retail ».

Avez-vous des ambitions en « M&A » ?

Nous sommes déjà présents sur les midcaps. Quant au partenariat noué par Ixis avec Lazard, il a donné jusqu'ici toute satisfaction. Nous entendons le poursuivre dans les mêmes termes. La participation de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne dans Lazard fait partie des apports à Natixis.

La présence de Natixis à l'international vous paraît-elle suffisante ?

En BFI, 48 % de nos revenus proviennent de l'international. En gestion d'actifs, 61 % de nos effectifs sont hors de France. C'est déjà important. Mais l'Europe et les Etats-Unis en génèrent l'essentiel. Nous entendons désormais accélérer le développement de nos implantations asiatiques. Cela passera par le recrutement de collaborateurs locaux supplémentaires.

Dominique Ferrero sera votre directeur général. Comment allez-vous vous répartir les rôles ?

Il n'y aura pas de domaine réservé. Nous serons, au regard de la loi bancaire, tous les deux responsables, c'est-à-dire « les quatre yeux » selon l'expression consacrée. Il s'agit d'une responsabilité globale. La seule différence, c'est que je suis le président du directoire et que Dominique est le directeur général.

Que répondez-vous à ceux qui le soupçonnent d'être plus proche des Banques Populaires que des Caisses d'Epargne ?

Nous avons une équipe dont les membres ont été choisis sur des principes de compétence et non d'appartenance. Notre choix s'est porté dès le départ sur Dominique Ferrero et cette décision nous apparaît aujourd'hui, à Charles Milhaud et à moi-même, particulièrement judicieuse. C'est d'ailleurs un avantage que de s'être connus et pratiqués dans le passé. Cela me permettra en outre d'exercer mes fonctions à la tête du Groupe Banque Populaire tout en m'investissant dans la présidence du directoire de Natixis.

Quand nommerez-vous le cinquième membre du directoire ?

Il n'est pas prévu de renforcer le directoire dans les mois qui viennent. Les statuts de Natixis prévoient que le nombre de membres peut être, en cas de besoin, porté à sept. Mais chaque chose en son temps : un tel élargissement se fera s'il apparaît que les compétences du directoire doivent être complétées. Mon ambition serait alors de trouver des dirigeants au sein des Caisses d'Epargne, des Banques Populaires, ou de Natixis. A défaut, il faudra recruter à l'extérieur.

La suite logique de la création de Natixis n'est-elle pas la fusion des organes centraux des deux groupes ?

Le sujet n'est pas d'actualité. Nous avons les moyens, avec la nouvelle organisation, de continuer à nous développer durablement. Mais n'insultons pas l'avenir. Le moment venu, si les dirigeants des deux groupes considèrent qu'il faut franchir d'autres étapes, la décision leur appartiendra.

Dans votre esprit, y a-t-il un groupe construit autour de la BFI ou trois groupes (deux banques de détail et une BFI) ?

Il y a deux groupes et Natixis, qui développe six métiers, dont la BFI. Ensemble, ils pourront désormais mobiliser une énorme puissance de feu en agissant sur trois niveaux : le marché boursier pour Natixis, l'endettement et les fonds propres pour les organes centraux, les capitaux propres excédentaires pour les sociétés mères que sont les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires.

Quelle sera la politique de distribution de Natixis ?

Nous avons prévu de distribuer la moitié du résultat net sous forme de dividendes en 2006 et, si possible, les années suivantes.

Natixis a-t-il vocation à servir d'outil de croissance externe commun aux deux groupes, notamment en banque de détail à l'étranger ?

La priorité de Natixis est de se concentrer sur les métiers appartenant à son périmètre et de réussir l'intégration dans les dix-huit mois. Il n'a donc pas vocation à acquérir des réseaux de détail dans des pays émergents, à des prix parfois élevés au regard des synergies qu'il est possible de dégager. Mais nos deux groupes ont su démontrer par le passé leur capacité à faire mouvement le moment venu.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE COUNIS, PIERRE-ANGEL GAY ET FRANÇOIS VIDAL

 

Natixis : la prudence affichée laisse certains analystes sur leur faim
[ 18/10/06 ]

Le titre a reculé de près de 6 % hier, après la présentation du plan d'affaires du futur holding des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne. Certains analystes s'attendaient visiblement à des prévisions moins conservatrices.

Grand raout, hier, au Pavillon d'Ermenonville dans le Bois de Boulogne à Paris. L'Ecureuil et les Banques Populaires avaient invité le gotha de l'analyse financière pour présenter aux investisseurs leur projet de rapprochement dans la banque de gros autour d'un holding commun baptisé Natixis. Natixis et non plus NatIxis, le « i » minuscule permettant sans doute de mieux matérialiser l'indissolubilité de l'union entre Natexis et Ixis, les filiales spécialisées des deux groupes.
Au total, 150 analystes français et étrangers étaient dans la salle pour écouter dès huit heures du matin Philippe Dupont, le PDG des Banques Populaires qui présidera le directoire du nouveau holding pour six ans, ouvrir la journée. Dominique Ferrero, l'ex-numéro deux du Crédit Lyonnais, qui prendra la direction générale du nouvel ensemble, l'a ensuite relayé pour détailler la stratégie et le plan d'affaires. Après une heure et demie d'exposés, a débuté la présentation des différents métiers du holding, la banque de détail et la banque de financement et d'investissement en tête. Une première mise en bouche, qui devait être suivie, à l'heure du déjeuner... d'un buffet.
L'exercice, s'il est imposé, n'en était pas moins attendu. Cette journée investisseurs, au cours de laquelle 300 illustrations ont été projetées, sera la seule d'ici à la création officielle du holding, prévue lors d'une assemblée générale qui se tiendra le 17 novembre. Elle fait suite à l'enregistrement, lundi soir, du document de référence de l'opération par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Un fascicule de 1.000 pages, dont l'essentiel porte sur les apports d'actifs nécessaires à la création de Natixis.
Le titre Natexis a clôturé hier en repli de 5,73 %, à 214 euros. Certains analystes ont visiblement été déçus par certains objectifs annoncés à horizon 2010. Selon « Reuters », certains professionnels prévoyaient par exemple des synergies de coûts allant jusqu'à 8 % et même 10 % des charges, alors que celles promises hier n'excèdent pas les 5,4 % (lire interview). D'autres s'attendaient à des objectifs d'amélioration des revenus plus ambitieux.

Attente des road-shows

Pour en savoir plus, les investisseurs devront désormais patienter jusqu'aux road-shows qui, dans la deuxième quinzaine de novembre, viseront à les convaincre de la pertinence de l'opération de marché.
Le titre Natexis, dont le nominal sera divisé par 10 et qui sera rebaptisé Natixis le 17 novembre, ne devrait pas être suspendu, sauf peut-être au moment de la fixation du prix de vente définitif. Le placement des quelque 5,5 milliards d'euros de titres devrait débuter dans tous les grands réseaux bancaires dans les jours qui suivront, dès que l'AMF aura donné son feu vert. Les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires, qui comptent 6,2 millions de sociétaires (3,1 millions pour chaque réseau), leur proposeront à cette occasion de devenir actionnaires de leur nouveau holding.

 


   

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