Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

banniere_milieu
banniere_bas

L'accord entre la Caisse des Dépôts et l'Ecureuil ouvre la voie à la création de NatIxis

 

Le principal obstacle au projet NatIxis, qui doit donner naissance à un nouveau géant fort de 20 % de part de marché dans la banque de détail en France, est levé. Les Banques Populaires et l'Ecureuil doivent désormais mettre les bouchées doubles pour créer leur holding commun au 31 décembre. En monnayant au prix fort sa sortie du capital des Caisses d'Epargne, la CDC se dote d'une stratégie alternative.

La voie est libre. En concluant jeudi un divorce à l'amiable avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), son actionnaire à 35 %, le Groupe Caisse d'Epargne a levé le principal obstacle à son rapprochement avec les Banques Populaires. Hostile depuis l'origine à un projet consistant à loger les grandes filiales métiers des deux mutualistes au sein de Natexis, rebaptisé pour l'occasion NatIxis, l'établissement public a donc préféré transiger, en cédant sa participation pour 7 milliards d'euros, plutôt que d'exercer son droit de veto, comme il menaçait de le faire jusque-là. Une issue trouvée au terme d'un dernier « round » de discussions riche en rebondissements. Alors que l'accord semblait à portée de main mercredi matin, la CDC en a repoussé la présentation par trois fois dans la journée, avant de publier, dans la soirée, un communiqué invoquant des détails techniques de dernière minute, empêchant toute signature. Au terme de deux mois et demi de bras de fer, il semble que chacun ait souhaité s'entourer de toutes les garanties. La Caisse s'est notamment assurée qu'elle serait payée dans tous les cas de figure, que le projet NatIxis soit mené à bien ou non.

L'addition est lourde

L'addition est lourde pour les Caisses d'Epargne. Certains, en interne, trouvent le prix démesuré. D'autant que le versement de 5 à 5,5 milliards d'euros en cash, dont les 29 Caisses d'Epargne devront supporter 1 milliard d'euros sur leurs fonds propres, s'accompagne de la cession d'un certain nombre d'actifs à la CDC. Mais L'Ecureuil a fait coup double. Non seulement il noue, avec les Banques Populaires, un partenariat qui doit donner naissance à un nouveau géant, fort de 20 % de part de marché dans la banque de détail en France. Mais il devient pleinement maître de son destin en s'affranchissant définitivement de la tutelle de son actionnaire public. Un accord industriel, qui fait sens, chasse un partenariat institutionnel que le mutualiste voyait de moins en moins comme nécessaire à son développement.

Reste à transformer l'essai. Une fois signé par l'Ecureuil un accord définitif avec la Caisse des Dépôts - les deux établissements n'ont pour l'instant paraphé qu'un pré-accord - et obtenu le feu vert des instances de contrôle des deux mutualistes sur leur projet de rapprochement, le dossier NatIxis entrera, dès les premiers jours de juin, dans sa phase pratique. Les deux partenaires devront alors mettre les bouchées doubles pour, comme prévu, créer leur holding commun au 31 décembre. Les obstacles à surmonter sont encore nombreux. Et certains éléments du montage restent à préciser, notamment sur les CCI (certificats coopératifs d'investissement), grâce auxquels NatIxis sera intéressé, à hauteur de 20 %, aux résultats des activités de détail des deux groupes.

Aggiornamento stratégique

Alors que tout reste à faire, l'onde de choc du projet NatIxis a en tout cas commencé à produire ses effets ce week-end. Grâce à l'accord conclu entre l'Ecureuil et la Caisse des Dépôts, le premier assureur de personnes en France, CNP Assurances, dont l'horizon était bouché par la perspective de la renégociation fin 2008 de son pacte d'actionnaires et de ses accords de distribution, y a déjà gagné en visibilité.

Surtout, la Caisse des Dépôts, qui se serait bien vue en actionnaire de référence d'un Ecureuil coté en Bourse, a été contrainte à un aggiornamento stratégique accéléré. Dans l'urgence, l'établissement public, dont le directeur général se relève à peine d'une longue hospitalisation, a dû tirer un trait sur son activité bancaire, moins de deux ans après avoir cédé à l'Ecureuil sa banque d'affaires Ixis - désormais au centre du projet de rapprochement avec les Banques Populaires. Mais sa résolution aura payé. En contrepartie de sa sortie du dispositif, elle accroît son poids dans CNP Assurances, conforte son rôle dans le logement social et se renforce dans les services immobiliers. Bref, elle reprend la main. Le chèque des Caisses d'Epargne lui offre en outre une nouvelle marge de manoeuvre. L'un des enjeux des mois à venir pour Francis Mayer, son directeur général, sera de trouver un emploi durable pour ces nouvelles ressources. Afin d'assurer des relais de croissance pérennes à la CDC, mais aussi de dissuader l'Etat de mettre la main sur l'essentiel de cette manne pour réduire la dette publique. Une autre priorité sera d'instaurer une relation pacifiée avec le nouvel ensemble formé par les Banques Populaires et l'Ecureuil. Après tout, l'établissement public, qui apporte un flot d'affaires important à Ixis, sera l'un des tout premiers clients de NatIxis. Sur ce dernier point, les déclarations du week-end incitent à l'optimisme.

 

Les obstacles qui restent à surmonter pour créer le holding commun [ 29/05/06 ]

L'opération doit encore obtenir le feu vert de différentes instances, notamment celles représentant les salariés ou les actionnaires.

Depuis son annonce officielle, le projet n'est pas resté au point mort. Des avancées sensibles ont été enregistrées sur la question des actifs apportés à NatIxis. C'est ainsi, notamment, que le Crédit Foncier a été exclu du périmètre du « deal », sacrifié sur l'autel de la parité des apports effectués par les deux mutualistes. De même, les questions de gouvernance au sein de NatIxis ont été tranchées. Outre la répartition des rôles entre les deux hommes forts des deux groupes, Charles Milhaud et Philippe Dupont, un poste de directeur général, en charge du pilotage du rapprochement au jour le jour, a été créé, qui reviendra à Dominique Ferrero.

- Dans les jours qui viennent, le processus de consultation des instances des deux groupes doit être mené à son terme. Les instances représentatives du personnel des différentes Caisses d'Epargne, des Banques Populaires et des filiales concernées doivent donner un avis consultatif. Ce processus a déjà été entamé. Ce sera ensuite aux instances délibérantes (conseil d'orientation et de surveillance pour les Caisses d'Epargne, conseil d'administration pour les banques populaires) de se prononcer. Dès lors, les conseils des organes centraux pourront donner leur feu vert. Un conseil d'administration de la Banque Fédérale des Banques Populaires et un conseil de surveillance de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne se tiendront dans les tout premiers jours de juin.

 

- Le projet NatIxis devra ensuite obtenir le feu vert des autorités réglementaires. Il sera présenté à l'autorité de tutelle bancaire, le CECEI, aux autorités de la concurrence, la DGCCRF, ou aux autorités américaines compétentes. Un processus qui devrait prendre six mois environ.

- Dans le courant de l'automne, les actionnaires de Natexis Banques Populaires, appelé à devenir NatIxis, seront réunis en assemblée générale pour se prononcer sur l'opération dans sa forme définitive.

- Réunions des instances concernées au sein des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne pour autoriser l'émission dans les premières, puis le transfert pour les deux groupes, des certificats coopératifs d'investissement qui doivent intéresser NatIxis aux performances des réseaux des deux groupes à hauteur de 20 %.

- Au plus tard le 31 décembre, NatIxis doit être opérationnel. Les apports d'actifs auront été réalisés et le directoire sera opérationnel. Les opérations de marchés, en particulier le placement des titres excédentaires détenus par les deux groupes, leur participation dans NatIxis ne devant pas dépasser 34 %, sera effectué. Pour des questions d'animation des marchés boursiers, ces transactions devront avoir lieu avant la mi-décembre.

 

 

Les Caisses d'Epargne partagées sur les conditions de sortie de la CDC [ 29/05/06 ]

Une fois financé le rachat des 35 % de la Caisse des Dépôts, il faudra six mois aux Caisses, en moyenne, pour reconstituer leurs fonds propres réglementaires.

« C'est un pari. » Un dirigeant de Caisse d'Epargne résumait ainsi, vendredi, l'ambiance dans le réseau de l'Ecureuil après la conclusion d'un accord à l'amiable avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). « Comme tout mouvement stratégique de grande ampleur, il comporte des risques », reconnaissait-il.

Pour certains dirigeants de Caisses, ces risques restent néanmoins limités. En préalable aux négociations, les « Ecureuils » avaient fixé comme limite la préservation d'un ratio Cooke d'au moins 9 %. Le milliard d'euros que les Caisses régionales devront in fine supporter sur leurs fonds propres pour sortir la CDC du capital de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE) permet de respecter cet impératif. « Pour chaque Caisse, l'effort devrait être d'environ une demi-année de capacité bénéficiaire » (1), explique le président de directoire de l'une des 29 Caisses d'Epargne. Autrement dit, il faudra six mois aux Caisses, en moyenne, pour reconstituer leurs fonds propres réglementaires. « C'est un bon deal », conclut un président de directoire, trop heureux de s'affranchir de la tutelle de la CDC.

Critiques sur le prix

D'autres se montrent plus critiques. Sur le prix, d'abord. Catherine Amin-Garde, la présidente du conseil d'orientation et de surveillance (COS) de la Caisse de Loire-Drôme-Ardèche, a émis des réserves sur le prix à l'occasion d'une réunion des dirigeants du groupe, le 24 mai.

Marcel Duvant, le président du COS de la Caisse des Pays du Hainaut, a indiqué au « Monde » qu'il voterait contre le projet NatIxis au conseil de surveillance de la CNCE si aucune réponse n'était apportée à ses questions. « Ce projet a du sens mais il coûte trop cher aux Caisses d'Epargne », a-t-il estimé. Sur les actifs cédés à la CDC, ensuite. C'est surtout la vente d'Ecureuil Vie qui fait grincer des dents.

Certains sont d'autant plus inquiets que l'Ecureuil s'est engagé à reprendre la participation de la CDC dans tous les cas de figure. Que le rapprochement avec les Banques Populaires se réalise, et c'est la CNCE qui rachètera ses propres titres d'ici au 30 juin 2007 avant de procéder à une réduction de capital. Qu'il ne se fasse pas, et ce sont les Caisses d'Epargne régionales qui devront acquérir la participation de 35 % détenue par la CDC... « Les Caisses en sortiraient exsangues », prévient un Ecureuil.

Pour tous, en tout cas, la réforme de la gouvernance, qui avait été initiée dans le cadre du projet de cotation de la CNCE, finalement abandonné au profit du projet NatIxis, reste à mener. Tout le monde en convient : le holding qui devait fédérer les intérêts des Caisses régionales dans la CNCE n'a plus d'intérêt sans cotation ni Caisse des Dépôts. Quant au rôle de la Fédération, qui représente in fine les intérêts des 3 millions de sociétaires, il est sans doute à redéfinir. « Si, demain, avec l'accélération des fusions entre Caisses, chacune a vocation à siéger au conseil de surveillance de la CNCE, la Fédération aura-t-elle du sens ? », s'interroge un dirigeant. « Il faut que les Caisses s'auto-organisent pour peser face à la CNCE », tempère un autre. Un débat dont le groupe ne pourra pas faire l'économie, alors que le mouvement de fusion des Caisses semble se précipiter, comme l'illustrent les opérations en cours en Rhône-Alpes ou dans le Nord.

A. C. (1) Résultat net + dotation au fonds pour risques bancaires généraux (FRBG).

 


   

Imprimer  
Avant d'imprimer, pensez à l'environnement


Internet Explorer 4 Pour obtenir Internet Explorer, veuillez cliquer ici... et supérieur
Affichage optimisé 800 x 600
Page mise à jour le : 29/05/06 18:08
Copyright © 2002-
compteur
Déclaration Cliquez ici pour accéder au site n°801353 du 22 avril 2002