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La Caisse des Dépôts et Consignations vend ses 35 % de l'Ecureuil pour 7 milliards d'euros [ 26/05/06 ]


Après deux mois et demi de bras de fer, l'établissement public et l'Ecureuil ont signé un accord-cadre sur le projet NatIxis. Après plus de cent cinquante ans d'histoire commune, les deux institutions divorcent. La CDC n'entrera pas au capital du holding coté qui doit réunir les principales filiales métiers de l'Ecureuil et des Banques Populaires.

Cent cinquante ans d'histoire commune ont pris fin hier. Après deux mois et demi de bras de fer, les négociations sur le dossier NatIxis entre la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et l'Ecureuil, dont l'établissement public détient 35 %, ont abouti, dans la soirée, à l'annonce par la CDC de sa sortie du tour de table de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE), l'organe central de l'Ecureuil. L'établissement public n'exercera donc pas son droit de veto à l'encontre du projet. Il n'entrera pas pour autant au capital de NatIxis, le futur holding autour duquel les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires entendent rapprocher leurs activités de banque de financement et d'investissement, ainsi que leurs filiales de gestion d'actifs. Le divorce est donc consommé entre les deux institutions dont le destin s'entremêle depuis leur création.

La décision de la Caisse des Dépôts ouvre la voie à la création d'un nouveau géant bancaire en France, fort de 20 % de part de marché dans la banque de détail. Juste à temps : les deux mutualistes, qui ont ouvert des négociations exclusives à la mi-mars, se sont donnés jusqu'au 1er juin pour sceller un accord.

En contrepartie de la cession de sa participation aux Caisses d'Epargne, la CDC a obtenu 6,8 milliards d'euros, ce qui fait ressortir une prime d'environ 17 % sur la valeur intrinsèque de la CNCE (16,5 millions d'euros pour 100 % du capital), valorisant ainsi la minorité de blocage de l'établissement public. A ce montant s'ajoutent 200 millions d'euros correspondant à la quote-part de dividendes revenant à la CDC au titre de 2006. Au final, l'augmentation de capital de la CNCE nécessaire au financement de la sortie de la CDC devrait se limiter à 1 milliard d'euros environ. La cession de titres du futur NatIxis sur le marché et la vente d'actifs de l'Ecureuil à l'établissement public venant réduire l'effort de financement que devra consentir le groupe mutualiste.


Un « New Deal »
Car l'accord ne se limite pas au volet financier. Il comprend aussi un volet industriel, qui prévoit la réorganisation des relations entre les deux groupes. On parle d'un « New Deal » côté Caisses d'Epargne, et d'un élément déterminant pour la stratégie des années à venir, côté CDC. Cette réorganisation, qui prévoit donc la cession de certains actifs de l'Ecureuil à la CDC, concerne plusieurs métiers.

L'immobilier, d'abord. Icade, la filiale cotée de la CDC, va ainsi reprendre les 67,5 % détenus par le Groupe Caisse d'Epargne dans les sociétés d'administration de biens Gestrim et Lamy. Selon nos informations, l'Ecureuil obtiendra en contrepartie de 6 % à 7 % d'Icade. Parallèlement, la SNI (filiale de la CDC) va acquérir 40.000 logements sociaux auprès des Caisses d'Epargne et racheter les parts du groupe mutualiste dans Sagi et RIVP, les deux SEM de la Ville de Paris.

L'assurance, ensuite. Le Groupe Caisse d'Epargne va céder à la CDC l'intégralité de sa participation dans Ecureuil Vie, une filiale jusque-là détenue à parité avec CNP Assurances et valorisée 1,4 milliard d'euros. Il réaliserait au passage une plus-value de 600 millions d'euros. Apportés à CNP Assurances, ces titres permettront à l'établissement public de porter à 40 % sa participation dans l'assureur de personnes. A cette occasion, l'Ecureuil et la CDC proposent de renégocier avec La Banque Postale le pacte d'actionnaires de la compagnie d'assurance-vie en vue de le proroger jusqu'en 2015, tout en rediscutant les conditions, au moins jusqu'en 2012, de l'accord de distribution allant avec. CNP Assurances récupérera en outre l'assurance-emprunteur du Groupe Banque Populaire.

Le capital-investissement, enfin. La CDC doit reprendre à l'Ecureuil ses 35 % dans CDC Entreprises, portant ainsi à 100 % ses propres intérêts. Au final, sur les 6,8 milliards d'euros, 1,5 à 2 milliards devraient correspondre à des apports d'actifs, les 5 à 5,5 milliards restants étant versés en cash.

Pour devenir un protocole définitif, l'accord-cadre signé hier doit encore être soumis pour avis à la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts, qui a prévu de se réunir le 31 mai. Le conseil de surveillance de la CNCE et le conseil d'administration de la Banque Fédérale des Banques Populaires se prononceront ensuite sur l'opération dans les tout premiers jours de juin.

ELSA CONESA ET ALEXANDRE COUNIS

 


   

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