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La Caisse des dépôts sort du capital de l'Ecureuil et ouvre la voie à la création de Natixis

LE MONDE | 26.05.06 | 11h10  •  Mis à jour le 26.05.06 | 11h10

 

Au terme d'un conflit de plus de deux mois, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), actionnaire historique de la Caisse nationale des Caisses d'épargne (CNCE) a trouvé, jeudi 25 mai, un accord cadre avec celles-ci pour sortir de leur capital.

Ce dernier doit être signé par la commission de surveillance de la CDC le 31 mai et par un conseil de surveillance de la CNCE dans les tout premiers jours de juin. Cet accord est indispensable pour créer, le 1er janvier 2007, Natixis – un établissement qui doit regrouper les activités de banque d'investissement des Banques Populaires (Natexis) et des Caisses d'épargne (Ixis).

En échange de 7 milliards d'euros, la CDC sort définitivement de la CNCE, dont elle détient 35 %. "C'est une vente ferme et définitive même si le projet Natixis ne se fait pas", a indiqué Francis Mayer, directeur général de la CDC. Le montant intègre 200 millions de dividendes au titre de l'exercice 2006 et comprend une prime d'environ 20 % sur la valeur de la CNCE.

Contrairement à certaines menaces, la CDC n'a donc pas exercé son veto à l'encontre de l'opération avec Natexis et n'est pas allée en justice pour obtenir réparation du préjudice de réputation qu'elle estimait avoir subi dans ce dossier. Elle n'entrera pas non plus dans le capital de Natixis.

"Nous ne souhaitons pas l'échec de ce projet. Au contraire nous souhaitons bonne chance à nos amis des Caisses d'épargne et des Banques populaires mais notre analyse n'a pas changé. Ce projet est risqué et nous n'y avons pas notre place. Nous ne serons pas au capital de Natixis", a déclaré M. Mayer.

Outre le volet financier qui va voir la CDC obtenir un chèque compris entre 5 milliards et 5,5 milliards d'euros, cet accord prévoit un fort volet industriel confortant la CDC dans ses métiers grâce à des cessions d'actifs de l'Ecureuil à la CDC pour quelque 2 milliards d'euros. En premier lieu, l'immobilier : Icade, la filiale cotée de la CDC spécialisée dans l'immobilier concurrentiel va reprendre la participation de 67,5 % détenus par l'Ecureuil dans les sociétés de services immobiliers Gestrim et Lamy.

UN SIÈCLE ET DEMI DE RELATIONS

Par ailleurs, la Société nationale immobilière, filiale de la CDC, "conforte sa place parmi les tout premiers bailleurs en France" en acquérant auprès du groupe Caisse d'épargne 40 000 logements sociaux et les participations dans la Sagi et la RIVP, les deux SEM (sociétés d'économie mixte) de la Ville de Paris. "Nous allons prendre prochainement une initiative forte pour permettre l'accession à la propriété des foyers modestes", a déclaré M. Mayer.

Autre volet important : l'assurance-vie. Les Caisses d'épargne ont accepté de céder l'intégralité de leur participation dans Ecureuil Vie, détenue à parité avec la CNP. A cette occasion, la CDC passe de 36,7 % à 40 % dans son capital. "Il est prévu l'ouverture du réseau des Banques populaires aux produits assurance des emprunteurs de la CNP, qui, à ce titre, bénéficiera d'une exclusivité", indique la CDC. Ce qui a été démenti par le groupe Banque populaire : "Des souhaits ont été exprimés, mais ceux-ci n'ont fait l'objet d'aucune réponse, ni même d'ouverture de discussions."

L'accord trouvé met fin à un siècle et demi de relations croisées entre les Caisses d'épargne et la CDC et pose les jalons d'un nouveau grand groupe bancaire en France. De fait, Natixis constitue sans doute une première étape vers un rapprochement plus poussé des deux groupes.

Toutefois, le projet de création de Natixis inquiète les salariés et les organisations syndicales. Selon un rapport du cabinet Secafi Alpha mandaté par les syndicats du comité de groupe Banque Populaire, de 600 à 700 postes sont menacés par le projet Natixis de rapprochement entre les Banques populaires et le Groupe Caisses d'épargne. Selon ces experts, Natixis risque "d'être limité en fonds propres lors de sa création (…) le développement vanté comme devant être ambitieux (vue la volonté d'entrer au CAC 40) apparaît limité".

 

Nathalie Brafman et Anne Michel

Une fusion qui ne fait pas l'unanimité au sein des Caisses d'épargne

Marcel Duvant, président du conseil de surveillance de la Caisse d'épargne des pays du Hainaut et membre du conseil de surveillance de la CNCE, affirme au Monde qu'il votera contre le projet de fusion des banques d'investissement du groupe Banques populaires (Natexis) et des Caisses d'épargne (Ixis), sauf si "des réponses claires à des interrogations sont apportées".

Selon M. Duvant, les conditions qui sont imposées pour la création de Natixis paraissent "terriblement lourdes". "Ce projet a du sens mais il coûte trop cher [7 milliards d'euros] aux Caisses d'épargne. A-t-on mesuré tous les effets d'une telle sortie de capitaux ? Comment vont réagir les agences de notation, la commission bancaire ?", s'interroge-t-il. Outre les aspects financiers, il estime que son groupe va perdre "la main" sur sa banque d'affaires, "le management ayant été confié pour six ans aux Banques populaires, sans équilibre dans l'attribution des fonctions avec celui des Caisses d'épargne". Pour lui, "des questions vitales pour [leur] avenir restent sans réponse (…). Je préfère que ces 7 milliards restent investis dans nos caisses, quitte à différer le rapprochement des deux banques".

 


   

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