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La Caisse des dépôts veut faire payer au prix fort son retrait des Caisses d'épargne

LE MONDE | 22.05.06 | 14h29  •  Mis à jour le 22.05.06 | 14h29

 

Les négociations engagées depuis deux mois entre les Caisses d'épargne, leur actionnaire de référence public la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ainsi que les Banques populaires, pour créer Natixis, sont entourées d'une grande fébrilité.

Dimanche 21 mai au soir, au terme d'un week-end studieux, l'entourage du patron des Caisses d'épargne, Charles Milhaud, croyait pouvoir annoncer qu'un accord avait été trouvé avec la CDC. Cet accord allait permettre d'officialiser, dans les heures suivantes, la naissance de cette banque d'investissement commune aux deux grands réseaux mutualistes.

M. Milhaud, tenu pour responsable de la violation du pacte d'actionnaires qui lie son établissement à la CDC, tenait là, enfin, sa revanche publique.

L'annonce, cependant, était démentie par la direction de l'institution financière publique, au motif que "plusieurs différends majeurs subsistent". "On peut comprendre que M. Milhaud, qui a perdu le combat moral, veuille aller vite, mais nous ne sommes pas tenus par les mêmes impératifs de calendrier", répliquait un proche du directeur général de la CDC, Francis Mayer. Et d'indiquer, à l'appui de son propos, que la commission de surveillance du groupe public prévue le 24 mai - qui incarne le contrôle du Parlement et qui aurait pu entériner un tel accord - était ajournée.

ENJEUX STRATÉGIQUES

Que la CDC souhaite prendre du temps s'explique aisément. Les discussions en cours avec les Caisses d'épargne sont, en effet, lourdes d'enjeux stratégiques et financiers pour leurs deux groupes. Elles doivent ni plus ni moins organiser la sortie définitive de la CDC du capital de la Caisse nationale des Caisses d'épargne (CNCE), le chef de réseau du groupe coopératif. C'est-à-dire mettre un point final à un siècle et demi de relations financières croisées. La CDC, contrainte par le projet Natixis à céder ses parts dans la CNCE plus vite que prévu - elle l'envisageait en 2007, dans le cadre du projet initial de mise en Bourse de la CNCE -, entend monnayer ce retrait au prix fort.

Or, c'est précisément sur ce point que butent les ultimes négociations. Soucieux de ménager des relations déjà difficiles avec ses Caisses d'épargne régionales, M. Milhaud rechigne à signer le chèque de 7 milliards d'euros que lui présente, pour solde de tout compte, son actionnaire à 35 %. Ce montant représente un tiers des fonds propres. M. Milhaud propose donc un prix compris entre 6 et 6,5 milliards, susceptible d'être jugé acceptable par les patrons régionaux.

Par ailleurs, la CDC formule plusieurs exigences, compliquées à organiser, dont principalement, le maintien de ses intérêts financiers dans la CNP, la première compagnie d'assurance vie française dont elle détient aujourd'hui 37 % directement plus 6 % indirectement, via sa participation dans la CNCE.

La CDC souhaite aussi récupérer certains actifs jugés stratégiques, dans l'immobilier et l'assurance. Elle réclame notamment le contrôle d'Ecureuil Vie, une filiale d'assurance détenue à parité. Sortant du secteur de la banque, la CDC conforterait ainsi, en contrepartie, sa présence dans le secteur de l'assurance.

CRAINTES POUR L'EMPLOI

L'annonce de la création de Natixis, qui reste envisageable au 1er juin, comme le souhaitent les Caisses d'épargne et les Banques populaires, modifierait substantiellement la donne dans un paysage bancaire assez figé. Elle marquerait la fin de la présence de la CDC dans le secteur bancaire concurrentiel, en même temps que celle de sa relation tutélaire avec les Caisses d'épargne. Un réseau dont le groupe public aura, à la demande de l'Etat et de la Commission bancaire, accompagné la transformation en banque de plein exercice, concurrent direct des grandes banques privées. La CDC aura, en outre, encouragé l'amélioration de sa gouvernance.

La création de Natixis rebattrait ensuite les cartes de la concurrence entre banques. En effet, si le projet Natixis est à ce stade circonscrit aux activités de banque d'investissement des Caisses d'épargne et des Banques populaires, la question d'un rapprochement des réseaux de banque de détail des deux groupes finira immanquablement par se poser.

L'idée est déjà dans la tête de M. Milhaud et de Philippe Dupont, le président des Banques populaires, conscients qu'une fois Natixis créée et mise en Bourse, les investisseurs financiers exerceront une pression constante en ce sens. Les syndicats redoutent que Natixis n'entraîne la suppression de 600 à 700 emplois dès sa création, sur la foi d'un rapport réalisé par le cabinet Secafi Alpha.

Anne Michel

Article paru dans l'édition du 23.05.06

 


   

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