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Ultimatum des Banques populaires à l'Ecureuil et à la Caisse des dépôts

LE MONDE | 18.05.06 | 14h30  •  Mis à jour le 18.05.06 | 14h30
Philippe Dupont (g.), président des Banques populaires, exige que Charles Milhaud (d.), président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'épargne, trouve un accord avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC), sous peine de se retirer du projet Natixis. | AFP/MARTIN BUREAU Philippe Dupont (g.), président des Banques populaires, exige que Charles Milhaud (d.), président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'épargne, trouve un accord avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC), sous peine de se retirer du projet Natixis.

AFP/MARTIN BUREAU

Deux mois durant, les Banques populaires ont attendu que se dénoue le conflit ouvert entre les Caisses d'épargne et leur actionnaire de référence public, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), autour de Natixis - ce projet de banque commune aux deux réseaux mutualistes, critiqué sur la forme et le fond par la CDC. Deux mois durant, elles ont supporté, sans les commenter, leurs passes d'armes publiques. Mais mercredi 17 mai, Philippe Dupont, le président du groupe des Banques populaires, a frappé du poing sur la table.

Dans un communiqué aux termes pesés, M. Dupont a appelé les Caisses d'épargne et la CDC à "trouver au plus vite les éléments d'un accord", faute de quoi son groupe "serait amené à en tirer les conséquences" (Le Monde du 18 mai) L'avertissement est explicite : si les termes d'un accord n'étaient pas trouvés d'ici au 1er juin - la date initialement fixée, pour que la fusion puisse être effective au 1er janvier 2007 - les Banques populaires se retireraient du projet.

Le ton est ferme, mais le risque d'un échec du projet Natixis est-il réel ? Les Banques populaires, comme les Caisses d'épargne, n'ont-elles pas engagé tout leur groupe, ainsi que des bataillons de banques d'affaires dans ce "projet champion" ?

L'entourage de M. Dupont affirme qu'il ne s'agit pas d'une simple opération de communication, destinée à mettre la pression sur les protagonistes de l'affaire. Il avance cet argument : "Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en apesanteur Natexis Banques populaires (la banque d'investissement qui serait apportée à Natixis), qui emploie 12 000 personnes, fonctionne très bien, et accessoirement, est cotée en Bourse !"

"Faire traîner les choses en longueur, comme le fait la CDC, ajoutent des proches de M. Dupont, est une technique connue et efficace, pour casser une dynamique et faire échouer un projet." L'institution publique dispose d'un droit de veto sur les décisions stratégiques de l'Ecureuil jusqu'à la mi-2007.

La CDC et les Caisses d'épargne sont renvoyées à leurs responsabilités. Si le patron des Caisses d'épargne, Charles Milhaud, veut aller vite, le directeur général de la CDC, Francis Mayer, soutenu depuis la première heure par son numéro deux, Dominique Marcel, estime qu'il est de sa pleine responsabilité, à ce stade des discussions, de s'opposer au projet de M. Milhaud.

M. Mayer estime, tout d'abord, que l'éthique a été bafouée, et que cela ne peut se faire en totale impunité. Il n'a pas accepté que le pacte d'actionnaires qui le lie à l'Ecureuil ait été foulé aux pieds. M. Milhaud a préparé son projet dans le secret, quand il aurait dû avertir dès l'origine son principal actionnaire (à 35 %).

Ensuite, selon la CDC, le projet, tel qu'il est rédigé, présenterait encore des lacunes et des risques. "Cela fait quinze jours que nous demandons des informations sur les synergies escomptées (le chiffrage des économies qu'il permettrait) mais nous n'avons toujours rien obtenu ! Le chiffrage a-t-il même été fait ?", lance un responsable.

La négociation, dans les prochains jours, promet donc d'être délicate. D'autant qu'en vertu de son pacte d'actionnaires avec les Caisses d'épargne, la CDC est en droit de porter le contentieux devant les tribunaux, depuis lundi 15 mai. Une hypothèse qu'elle affirme ne pas écarter.

Si un accord était finalement trouvé, entraînant la sortie de la CDC du capital de la Caisse nationale des Caisses d'épargne (CNCE), il se ferait au prix fort pour l'Ecureuil.

La CDC - qui négocie, en contrepartie, une remontée au capital de la CNP, autre filiale commune aux deux groupes, aux côtés de La Poste - lui présente une facture de 7 milliards d'euros. Une somme que les caisses régionales, autres actionnaires de la CNCE, seraient immanquablement appelées à financer !

Anne Michel
Article paru dans l'édition du 19.05.06


   

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