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Le mariage empêché de l'Ecureuil
La Caisse des dépôts s'oppose à un projet de fusion Caisse d'Epargne ­ Banque populaire.

Par Grégoire BISEAU
lundi 13 mars 2006

 

Mais quelle mouche a piqué Charles Milhaud, le patron des Caisses d'épargne ? Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a fait mine d'oublier les règles élémentaires de la bonne gouvernance. Si le CAC 40 était un pensionnat pour enfants de bonne famille, M. Milhaud se ferait virer illico pour comportement dissipé. «C'est un forban. Ce qu'il est en train de faire est totalement inimaginable dans le monde des affaires. C'est une première», s'insurge un cadre de la Caisse des dépôts et consignations, premier actionnaire (avec 35 % du capital) de la Caisse nationale des caisses d'épargne (CNCE), holding de contrôle du Groupe Caisse d'épargne.

En secret. De quoi s'agit-il ? Depuis plusieurs jours, Charles Milhaud et son numéro 2 négocient en secret un projet de fusion du Groupe Caisse d'épargne avec le Groupe Banque populaire. L'affaire est rudement menée. Et, jeudi, un premier schéma se dessine : les deux banques mutualistes se regrouperaient pour créer la deuxième banque de détail en France, derrière le Crédit agricole, avec 20 % de part de marché. L'idée serait d'apporter à Natexis, l'actuelle banque de gros des Banques populaires, l'ensemble des métiers des deux groupes bancaires. L'avantage de ce montage : éviter le long chemin de croix d'une cotation de l'Ecureuil (normalement prévue pour le second semestre 2006) en utilisant l'entité Natexis, déjà mise en Bourse. Le tout serait rebaptisé Natixis, subtile combinaison de Natexis, la filiale de Banque populaire, et d'Ixis, la banque d'affaires des Caisses d'épargne. Les réseaux d'agence resteraient, eux, indépendants, chacun gardant sa marque.

Tout était presque réglé, même la répartition des pouvoirs : Charles Milhaud se contentant du poste de président du conseil de surveillance du nouveau groupe, laissant Philippe Dupont, patron des Banques populaires, à la tête du directoire. Jeudi, donc, Charles Milhaud se décide à informer Matignon. Le lendemain, il convoque pour dimanche un conseil de surveillance extraordinaire de la CNCE, c'est-à-dire ses actionnaires. L'affaire semble sur les rails.

Grenade. Sauf que M. Milhaud a, semble-t-il, oublié un petit détail : mettre ses actionnaires dans la confidence. Et le premier d'entre eux, la Caisse des dépôts (la CDC), qui dit tout ignorer de ce projet. Or elle n'est pas franchement pour : l'opération réduirait considérablement son pouvoir d'influence, puisque son ticket passerait de 35 % du capital de la CNCE à moins de 8 % du nouveau groupe. Hier après-midi, alors que le conseil de surveillance n'est pas encore terminé, la Caisse des dépôts (détenue par l'Etat) dégoupille sa grenade, en annonçant qu'elle ferait jouer son droit de veto si le projet de mariage était soumis au vote.

Pourquoi Charles Milhaud a-t-il commis une telle erreur ? «Il a cherché à passer en force, en prenant le pari que le gouvernement fera pression sur la Caisse pour la forcer à soutenir cette fusion», dit un bon connaisseur de la CDC. Pour l'instant, en tout cas, c'est loupé.

 http://www.liberation.fr/page.php?Article=366534


   

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